Le maire sortant de Lalinde a vu nombre de ses colistiers rallier une liste concurrente, menée par sa première adjointe.

Situation singulière à Lalinde. Le maire sortant Christian Bourrier, candidat aux municipales, se retrouve contesté par sa majorité, l’essentiel de ses colistiers ayant rejoint la liste Pour Lalinde menée par sa première adjointe Christine Vergez. Le tout sous les yeux de Jérôme Boullet, conseiller d’opposition et candidat sous la bannière Lalinde 2020 avec vous ! Il avait perdu de sept voix en 2014.

« J’attends toujours qu’on me dise ce qu’on me reproche », gronde Christian Bourrier, qui assure n’avoir pas vu venir la sécession au sein son équipe : « En six ans, il n’y a pas eu seul problème au Conseil municipal, tout a été voté à l’unanimité, tout le monde est resté. » Depuis avril 2019 et un premier tour de table des candidats prêts à repartir dans son sillage, Christian Bourrier s’est fait une raison : « Ils avaient une idée derrière la tête : me décourager et m’empêcher d’avoir une liste. »

« Il n’y a pas eu de complot »

Et le sortant, auxquels ne sont demeurés fidèles que les adjoints Serge Hendrickx et Guy Raimbaut, de s’interroger sur ses éventuelles lacunes : « J’ai pu changer d’idée. On navigue à vue dans une mairie. Je ne suis pas sectaire, ce n’est pas : “Tous des cons et moi j’ai raison.” C’est ça aussi, gérer : c’est reconnaître qu’on n’a pas toujours raison. Être conseiller municipal, c’est une chose, être maire en est une autre. »

« On n’est pas là pour faire des reproches », répond d’emblée Christine Vergez, tête de liste, revenant à son tour sur l’épisode d’avril 2019 : « Tous les autres ne se sont pas prononcés en sa faveur. Il n’y a pas eu de complot ou quoi que ce soit. En septembre, je lui ai proposé de partir à sa place. »

Christian Bourrier s’était vu proposer de rejoindre la liste et de représenter Lalinde au sein de la Communauté de communes des Bastides Dordogne-Périgord

Christian Bourrier s’était vu proposer de rejoindre la liste et de représenter Lalinde au sein de la Communauté de communes des Bastides Dordogne-Périgord (CCBDP), dont le président Christian Estor, conseiller lindois, ne repart pas. « Il n’y a jamais eu de stratégie collective, chacun avait ses propres raisons », abonde Emmanuel Pelé, membre du Conseil municipal. « Christian est un ami d’enfance », reprend Michel Courderc, adjoint à la culture, présent aux côtés de Christine Vergez. « Je ferai tout pour qu’on reste amis, il ne manque pas de qualités humaines, mais j’ai envie de travailler différemment. »

« On est à 18 »

« On sent bien que dans l’ambiance, ça se dégradait tranquillement », observe Jérôme Boullet, que Christian Bourrier a cherché à approcher à l’automne 2019. Et s’il se refuse à capitaliser sur la situation de la majorité, le conseiller d’opposition note que « tout ça est calculé, ça ne se décide pas en deux mois ». Coïncidence, Christine Vergez et Jérôme Boullet organisent des réunions vendredi 17 janvier, à 20 heures, l’une à la Guillou, l’autre salle de Sauvebœuf. Le maire, lui, est affairé à boucler sa liste : « On est à 18 » sur les 23 requis, affirmait Christian Bourrier, mercredi 8 janvier. Il a déjà trouvé son slogan : six ans après « J’aime Lalinde », ce sera « J’aime toujours Lalinde ».

 

Paradoxe d’une campagne engagée sur fond de défiance feutrée entre le maire sortant et l’essentiel de sa majorité (12 colistiers sur 18, Christine Vergez comprise), deux listes revendiqueront le bilan de la municipalité de Lalinde. « On a fait du bon boulot tous ensemble », plaide Christian Bourrier, 71 ans, vantant la « revitalisation du centre-bourg », notamment la rue des Alliés (démolition du bâtiment Lecardeux) et le square de l’Europe. « On est très fiers de notre bilan, on a changé l’allure du centre-bourg de Lalinde », dit Christine Vergez, 68 ans, ex-chargée de clientèle au Crédit agricole. « Il a fallu redresser les finances, on est passé de 70 000 à 400 000 euros de capacité d’autofinancement annuelle. »

...